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Montréal

Trois sites incontournables à découvrir.

Dès sa fondation en 1642 par des extrémistes religieux qui ont volé des terres aux Kanien’kehá:ka pour court-circuiter les routes commerciales des traiteurs de fourrures de la capitale, Montréal s’est trouvé une vocation de mégalopole invraisemblable aux innombrables projets de fous qui ne font aucun sens. En voici trois qui ont fait la renommée de la seule ville digne de ce nom de la province (ayons une pensée émue pour les gens de Québec, éternellement en querissse, qui surestiment de façon attendrissante l’importance de leur bourgade).

Le canal Lachine

Lorsque les travaux du canal Lachine débutèrent en 1821, on cueillait et exportait la racine du ginseng depuis plus d’une centaine d’années.

Cette plante qui pousse dans les forêts d’érable et de pin où l’on trouve peu de petites plantes, où il y a beaucoup d’ombre et d’humidité et un sol qui n’est pas trop acidifié avait attiré l’attention du révérend père jésuite Joseph-François Lafitau qui en avait organisé l’exportation vers la Chine dès 1718. Le système était laborieux: il fallait plus de trente-six semaines pour expédier le ginseng du Canada vers la Chine, en passant par la France, et il y avait de nombreux intermédiaires. Mais les profits étaient au rendez-vous: une livre de racine de ginseng achetée à Montréal pouvait se vendre soixante fois le prix à Canton. Si bien que les commerçants se mirent à rêver un moyen plus rapide pour expédier leur marchandise et ainsi accroître leur marge de profit. C’est alors qu’est né le projet fou de creuser un tunnel entre les deux villes, tunnel qui fut appelé le canal Lachine.

Une vue aérienne du canal Lachine.

Financé en majeure partie par le gouvernement colonial du Bas-Canada, les travaux d’excavation durèrent jusqu’en 1848, au moment où même le plus borné des commerçants de ginseng a dû se rendre à l’évidence qu’on ne se rendrait jamais jusqu’en Chine. Reste qu’un puits de douze mille mètres en ligne droite a quand même été creusé, ce qui a fait du canal Lachine le trou le plus profond jamais creusé par l’humain.

De nombreux ouvriers sont morts pendant les travaux de construction du canal Lachine et la légende raconte qu’ils auraient été tués par un monstre des profondeurs, le Balle de rogue, qui aurait été réveillé de son sommeil par les excavatrices à vapeur utilisées à l’époque – qui selon les témoignages faisaient un vacarme assourdissant. Dans le cadre du festival du canal Lachine qui a lieu chaque année en juillet, les Montréalais vont faire la fête sur le site et lancent de l’herbe à pipe pour calmer le Balle de rogue en criant « vous ne passerez pas! »  Du plaisir garanti pour toute la famille.

L’îlot Voyageur

La saga de l’Îlot Voyageur remonte à 2005 lorsque l’Université du Québec à Montréal (UQAM) s’est lancée dans un projet immobilier qui devait s’autofinancer. Délimité par le boulevard De Maisonneuve et les rues Berri, Ontario et Saint-Hubert au centre-ville de Montréal, le quadrilatère devait comprendre un pavillon de l’UQAM, des résidences étudiantes, un immeuble de bureaux, un stationnement souterrain et une nouvelle gare d’autobus. Puisque les membres du conseil d’administration de l’université s’imaginaient tout naturellement être des génies de la finance grâce à leurs gros diplômes bien juteux, le projet a tout de suite connu de nombreux ratés, si bien que le gouvernement du Québec a dû y injecter quelque 200 millions de dollars pour éviter que l’UQAM ne soit acculée à la faillite.

Une vue depuis le Mont Royal, avec l’Îlot Voyageur surplombant le centre-ville.

En 2010, le gouvernement libéral de Jean Charest a mis un terme aux déboires de l’UQAM en rachetant l’ensemble du projet de l’Îlot Voyageur pour la somme de 20 millions en 2010. C’est alors que les travaux ont réellement commencé, ironiquement grâce aux innovations en matière de technologie anti-gravité développés par cette université. Monté sur 240 propulseurs ioniques orientables, l’îlot est devenu entièrement voyageur et survole divers endroits de la ville depuis le 23 juin 2011, jour de son premier décollage.

En plus d’un édifice résidentiel qui loge une centaine d’habitants, on retrouve sur l’Îlot plusieurs édifices administratifs de la ville de Montréal, des commerces et un terrain de baseball très populaire. Il n’est d’ailleurs pas rare qu’une balle soit frappée hors de l’Îlot; si jamais vous en êtes témoin et qu’une vieille dame près de vous la reçoive sur la tête, sachez qu’il est coutume de crier «bonsoir elle est partie!» pour alerter les secours.

L’Îlot Voyageur se pose chaque matin à six heures au Vieux-Port et décolle à sept heures précises. Arrivez tôt, les places sont limitées.

La biosphère

Cet imposant édifice construit selon les plans de l’architecte Buckminster Fuller à l’occasion de l’exposition universelle de 1967 est probablement l’attraction la plus populaires de Montréal. Cette sphère fut le pavillon le plus visité d’Expo 67, avec 5,3 millions de visiteurs et fut donnée en cadeau à la ville lorsque l’événement fut terminé. Par manque d’imagination, l’administration n’a pas trop su quoi en faire et laissa la biosphère un peu à l’abandon, jusqu’au terrible incendie de 1976 qui ravagea son revêtement extérieur de polymère.

Vue de la biosphère avec en arrière-plan, l’Îlot Voyageur.

C’est alors que Jean Drapeau, le maire de l’époque, eut une idée dont les conséquences se font encore ressentir. Puisque c’était l’année où Montréal recevait la jeunesse du monde entier à l’occasion de la 21e olympiade, il décida que la biosphère allait devenir une attraction en marge de l’événement, histoire de faire valoir le dynamisme et l’ingéniosité de la culture québécoise. Il invita donc les poètes, les musicien.nes, les acteurs et actrices, les artistes et autres marginaux et marginales de la métropole à investir le lieu, tous frais payés, pour y déployer leurs talents. Et pour se déployer, illes se déployèrent en querisse. Plus de la moitié du budget fut immédiatement dépensé en drogues diverses et la biosphère devient le plus grand freak show de la planète, avec nudité à gogo, copulations publiques diverses, scarifications sanglantes et autres sports d’équipe aquatiques tous plus étranges et plus choquants les uns que les autres. Le scandale fut immense, surtout lorsque tous les athlètes de la délégation de la Bulgarie disparurent mystérieusement suite à leur visite. Certains racontent qu’ils seraient encore aujourd’hui dans la biosphère, cachés dans une des nombreuses chambres secrètes crées pour l’occasion.

Lorsque les jeux olympiques furent terminés, l’administration municipale a tenté d’expulser les trublions à grands renforts de canons à eau et de gaz lacrymogènes, mais sans succès. Les occupant.es y ont décrété la commune libre de la biosphère et vivent maintenant hors de toute autorité à, selon un système de gouvernance hybride s’apparentant à la fois à la démocratie directe athénienne et au free for all digne d’un film de Mad Max. On estime aujourd’hui à trois mille les communards de la biosphère – Bulgares septuagénaires compris. Les touristes peuvent visiter le site et acheter de l’artisanat produit sur place, dont les délicats bijoux fait avec de la peau humaine qui a fait la renommée internationale de Montréal.

Notez que le site est fermé la première semaine d’août pour le nettoyage annuel au canon à eau et au gaz lacrymogène.  

3 réponses sur « Montréal »

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