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Les jolis deuils de la Toussaint

Un tradition automnale qui remonte à plusieurs siècles.

Une autre coutume qui marque l’imagination des étrangers lors de leur séjour au Québec est le joli deuil, un rite funéraire hérité des Hurons. On apprend à la lecture des Relations des jésuites que les Hurons célébraient la fête des Morts tous les dix ou douze ans. Les corps des défunts étaient exhumés, leurs os étaient débarrassés des derniers restes de chair et enveloppés dans des peaux de castor tandis que les vieux vêtements funéraires et les lambeaux de chair étaient brûlés. Les Hurons faisaient ensuite la fête toute la nuit et le lendemain matin, les os étaient jetés dans la fosse et mélangés sous les lamentations du village entier.

Ce sont les voyageurs et les coureurs des bois qui ont introduit ces pratiques en Nouvelle-France, avec bien sûr quelques ajustements pour ne pas heurter de front les autorités religieuses de la colonie. Le jour de la Toussaint suivant le dixième anniversaire de la mort d’un être cher, les endeuillés se rendent au cimetière en procession où les croque-morts les attendent. Après une courte homélie du curé, les corps des défunts sont exhumés et on procède à « l’enjolivement », qui consiste à nettoyer les squelettes, les articuler avec des pièces de métal, les parfumer et les vêtir de leurs habits du dimanche. Les endeuillés partent ensuite en carriole avec le cadavre de leur cher disparu et passent la journée à festoyer en leur parlant comme s’il était toujours vivant. La nuit venue, il est coutume d’installer le squelette dans son propre lit et certains vont même jusqu’à dormir en sa compagnie. Et le lendemain, après le « déjeuner des morts », le corps est raccompagné au cimetière où il est inhumé dans sa sépulture définitive.

Un défunt enjolivé pour la Toussaint.

À Montréal, les jolis deuils se sont graduellement mêlés aux coutumes anglo-saxonnes de l’Halloween et il n’est pas rare de voir les enfants faire la tournée des maisons de leur voisinage pour réclamer sucreries et friandises en compagnie du squelette de leur grand-papa, porté par leurs parents dans une brouette ou accroché au bout d’une perche.

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